Épisode 4x12 – The Fifth Stage : Premières impressions
The Fifth Stage clôt la première partie de la saison 4 de Heroes
(en fait les deux tiers), avant la pause de fin d’année. L’épisode se
concentre comme à l’accoutumée sur quelques intrigues et un nombre
réduit de personnages et tourne autour des notions de déni et
d’acceptation (la dernière étape dans le processus de deuil) que
connaissent les protagonistes. Il marque la fin d'un des personnages
principaux de la série, le retour d'un autre dans son corps, le tout
sans tonus particulier.
The Fifth Stage est signé par Tim Kring lui même et on peut se demander si c’était un choix judicieux pour un épisode de mi season final lorsqu’on se souvient de certains de ses derniers travaux, le controversé An Invisible Thread (3x25), mais aussi Four Months Ago (2x08), sans grande intensité dramatique. La diffusion de The Fifth Stage, qui manque d'ampleur et de souffle à l’exception de quelques scènes, confirme cette impression.
Le retour de Sylar devait
se faire aux termes d’un combat, d’une lutte épique entre deux
personnages très aimés du public, avait averti le scénariste et
co-producteur Adam Armus. Il avait aussi indiqué : « Nous
nous étions engagés à ce que nous nous dirigions vers un combat entre
deux personnages et savoir qui gagnera ou perdra cette lutte est
quelque chose sur laquelle nous avons travaillé toute cette année. Nous
savions donc que quelqu'un allait perdre (…). Une fois Sylar et Nathan
réunis, il y aura une lutte pour le corps. Qui le contrôlera? Et celui
qui perdra mourra. C’est Sylar qui gagnera. »
Mais, comme pour le final de la saison 3, le terme épique est très
surfait et nous n’aurons probablement jamais d’affrontement
spectaculaire. Après le combat avec pouvoirs derrière des portes
closes, nous assistons à un combat entre Peter et
Sylar mais sans pouvoirs, un bon vieux mano à la mano à coups de poing,
même s’il est toujours réjouissant de voir Sylar dominé et souffrant,
lui qui a infligé tant de souffrances aux autres. Sans pouvoir, il
n’est plus qu’un homme comme un autre, ce qu’il exècre tant, mais
toujours déterminé.
Quant à la lutte épique pour le corps entre Nathan
et Sylar dont parlait Armus, elle s’est réduite à une peau de chagrin
alors qu’elle devait durer toute la saison. Deux ou trois scènes
uniquement dans le dernier épisode, elle est expédiée ici en une seule
séquence, l’ultime apparition de Nathan Petrelli dans la série, peu
présent encore dans cet épisode. Après une brève bataille dans Thanksgiving
(4x11), qui avait permis cependant à Nathan de sauver sa mère, et
certainement son frère, d’une mort certaine, Nathan abandonne le
combat. Accablé par les dernières révélations, il aura compris ce qui
se passait, essayé de lutter et finalement décidé de se suicider, le
tout en quelques heures et quelques scènes. Las de cette situation
nouvelle, pensant qu’il ne peut pas vaincre Sylar comme il l’explique
avec abattement à Peter, il décide donc de mettre fin à ses jours,
nouvelle méthode imaginée par les scénaristes pour tuer une nouvelle
fois, cette fois-ci définitivement (depuis le temps qu’ils essayaient),
Nathan.
Une décision un peu surprenante même si on peut comprendre que
celui-ci est totalement dépressif mais qui reflète mal le personnage.
Elle est d’autant plus étonnante que Nathan, en dépit des suppliques de
son frère, choisit de disparaître tout simplement, sans même chercher à
éliminer Sylar, qui s’est attaqué entre autres à sa famille et qu’il
voulait arrêter dans la saison 3. Cette ultime scène est cependant
parfaitement jouée par Adrian Pasdar dont on devine aux changements
subtils d’expression quand brièvement Sylar parle à travers lui. Son
visage sombre et douloureux s’illumine remarquablement également par
contraste, exprimant une sérénité tranquille, pour les ultimes secondes
de la scène, quand il demande à son frère de continuer le combat pour
tous les deux et tombe, au ralenti, avant que Sylar reprenne ses
traits.
Exit donc, tristement, Nathan, un des meilleurs personnages de la
série et joué par un des excellents acteurs du show. Choix d’autant
plus regrettable que d’autres protagonistes, sans grande envergure,
demeurent. Mais on n’oubliera pas Flying Man.
Il faut tout de même remarquer au milieu de l’adieu touchant de
Nathan à Peter une note discordante qui vient un peu ternir l’ensemble.
Nathan dit à son frère qu’il l'aime, il lui demande de dire à sa mère
qu’il l’aime également et de prendre soin de Claire. On attend la
suite, logique, mais elle ne vient pas et, aussi incroyable que cela
puisse paraître Nathan, au moment de faire ses adieux et de « prendre
congé », pense à tous ses proches mais n’a pas un mot ou une pensée
pour ses fils dont il semblait pourtant proche dans la saison 1 et à
qui il avait promis de revenir dans la saison 2 ! Tim Kring est lui
aussi en plein déni, celui de la famille de Nathan (ou est-il pressé de
conclure la scène et de se débarrasser enfin du personnage ?) qu’il en
oublie Monty et Simon. Mais un oubli de taille pour le créateur de la
série et scénariste de cet épisode et qui semble en dire long sur le
peu de soin qu’il apportait à cet aspect de la vie de Nathan.
Cette mort semble presque inutile (à part de permettre bien entendu
le retour de Sylar, ce qui était l'objectif visé), tranquille, mais
elle est rehaussée par la scène précédente des adieux entre les frères
Petrelli qui remet en avant leur belle relation, que les scénaristes
viennent de solder malheureusement définitivement. La scène se passe en
haut de l’immeuble d’où Nathan avait du avouer à son frère qu’il volait
bien, dans une séquence marquante de la saison 1, et ce lieu symbolique
n’a pas été choisi au hasard, la boucle est donc bouclée. Mais ce
renvoi et cet hommage à la première saison, dont la qualité demeure
inégalée, et décidément inégalable, à ce jour, rendent la comparaison
avec le niveau actuel de la saison 4 en cours bien cruelle pour
celle-ci.
Le charme s’est émoussé mais l’alchimie entre Nathan et Peter
demeure cependant comme en témoigne cette ultime scène, poignante, qui
se termine par l’accolade traditionnelle entre les deux frères, ici
imprégnée d’une grande tristesse, mais dont on ressent toujours
l’émotion et l’amour qui les unis malgré tous les obstacles qu’ils ont
pu connaître. On y retrouve ce qui avait été une des clés du succès de
la saison 1 et Peter veut tellement garder son frère auprès de lui
qu’il en est poignant, très justement joué par un Milo Ventimiglia
émouvant qui doit se résoudre à l’inéluctable. A sa surprise, Nathan
finit par sauter par-dessus du toit de l‘immeuble et il essaye, à son
tour, image renversée du pilote, de le retenir mais en vain. Un bel au
revoir fraternel lorsque Nathan dit à son frère, effondré et en pleurs,
qu’il doit le laisser partir, ce que Peter a du mal à accepter.
Peter qui était en demi-teinte et plutôt effacé dans certaines
intrigues jusque là retrouve ici un rôle de premier plan et se montre
actif et déterminé à sauver coûte que coûte son frère. Rien ne semble
pouvoir l’arrêter, sauf les dernières volontés de ce dernier, alors qu’Angela,
que l’on voit brièvement, a abandonné la partie et accepté la
disparition de son fils. Tout en sachant qu’il est Sylar mais avec les
souvenirs et le comportement de Nathan, il désire par-dessus tout que
son frère demeure à ses côtés. Pour cela, il est prêt à tout et prend
enfin le pouvoir du Haïtien pour combattre Sylar.
Mais celui-ci n’entend pas le laisser faire et leur première
rencontre est surprenante et bien menée lorsque, prenant l’apparence
d’une infirmière, Sylar attaque le premier. Prenant finalement le
dessus, Peter continue de se montrer volontaire et va jusqu’à torturer
Sylar en lui plantant des clous dans le corps pour qu’il laisse place à
son frère avant de finalement se servir plus directement du pouvoir du
Haïtien pour y parvenir. Une scène dynamique et prenante, une des rares
de l’épisode, qui exprime toute la colère et la détermination d’un
Peter survolté et combatif.
Toute la partie tourne autour de Peter mais Sylar se montre un
adversaire toujours pugnace, ne voulant pas s’avouer vaincu et
retrouvant sa roublardise lorsqu’il arrive masqué pour surprendre
Peter. A la fin de l’épisode, Nathan ayant disparu, il se régénère et
salue Peter avant de se fondre dans la nuit, le Sylar réunifié est de
retour. Avec quel but à présent ? Celui de se venger des responsables
du transfert du corps ?
L’intérêt principal de l’épisode réside dans ces parties entre
Peter et Sylar et Peter et Nathan. Pour le reste, sans être ennuyeuses,
les scènes s’écoulent avec tranquillité, notamment celles avec
l’incontournable Claire, et met en place sans rebondissement
particulier les intrigues pour le retour de la série.
Bennet reçoit la visite de
Lauren et lui apprend la vérité sur leur relation ancienne. L’intérêt
des deux est évident, comme leurs regards appuyés en témoignent, même
si Lauren a eu la mémoire effacée. Ils décident de retrouver Claire
mais reçoivent la visite du nouveau bras droit de Samuel, Eli (Todd
Stashwick), déjà introduit dans le Graphic Novel en trois parties, Les Prodigues,
dont le pouvoir est de se dupliquer, mais qui n'a pas le charisme
d'Edgar. Pouvoir intéressant et nouveau dans la série et qu’il est
certainement plus facile de filmer car on voit le plus souvent un Eli
après l’autre. Envoyé en mission par Samuel, il veut récupérer les
dossiers de Primatech de Bennet. Les deux autres se défendent puis se
réfugient dans la salle de bains, permettant entre temps à Eli de
prendre les dossiers avant de disparaître. Commencée rapidement, et
alors qu’on s’attendait à un combat avec tous les Eli, la scène finit
assez abruptement avec le départ de celui-ci.
De son côté, troublée par les paroles précédentes de Samuel, Claire suit le chemin inverse et veut se rendre au Sullivan Bros Carnival.
Elle retrouve dans cette fête foraine bien mal fréquentée, dont les
couleurs kistch contrastent parfaitement avec l’obscurité environnante,
une vieille connaissance, le maître marionnettiste en personne, Eric
Doyle, qui apparaît quelques secondes. C’est à une longue ballade, ou à
un mauvais film de Fellini selon le bon mot de Gretchen, auquel nous
convie Claire dans la fête foraine, assistant à des attractions,
racontant des histoires et défendant même un Samuel qui sait comment la
manipuler (et comme le prouve du cadavre de l’homme avec lequel il
s’était disputé précédemment). Aux termes de cette soirée, Claire
décide de passer deux jours dans la fête foraine où elle sent admise et
comprise. Une partie simple et sans grande action comme souvent avec
Claire.
Pendant ce temps, Samuel,
qui après avoir passé sa vie dans l’ombre de son frère Joseph s’est mué
en huit semaines en maître es manipulation apparaissant de partout et à
tout le monde, continue de vouloir réunir des spéciaux pour accroître
son pouvoir. Edgar, en rupture de ban et ayant disparu, il demande au
nouveau venu Eli de le seconder. Selon le résumé, « le projet de Samuel commence à prendre forme ».
Mais lequel pourrait-on se demander. En effet, si la présence de Eli
peut lui permettre d’augmenter davantage son pouvoir, et les dossiers
de Primatech l’amèneront à retrouver d’autres personnes avec des
capacités, quel but poursuit-il ? On a du mal à croire son discours
final et à ses belles paroles sur ce nouveau lieu pour les spéciaux et
on sent bien qu’il dissimule autre chose. Veut-il dominer tout
simplement le monde comme n’importe quel méchant classique ? Imposer sa
volonté aux autres et aux non spéciaux ? Devancer le calendrier Maya et
déclencher l’apocalypse en 2010 en provoquant tremblements de terre et
tsunamis ?
La partie n’est pas dénuée d’intérêt, avec un Robert Knepper tout
en nuances, mais sans dynamisme et assez prévisible et convenue, avec
le forain qui fait gagner la petite fille et Samuel qui fait semblant
de ne pas vouloir se battre, tout cela sous les yeux de Claire. Mais The Fifth Stage
rate l’occasion pourtant idéale pour un épisode de mi-saison de nous
faire connaître enfin le plan de Samuel et de nous dévoiler surtout le
danger encouru. Seul pour l’instant, Bennet se doute de la dangerosité
de Samuel. Au lieu de cela, il faudra encore attendre plus d’un mois
(et au moins le 13ème épisode sur les 19 prévus) et la reprise de la
série pour le savoir, privant du même coup l’épisode d’un cliffhanger
percutant.
Après le très inégal, et soporifique par moments, Thanksgiving, The Fifth Stage conclut
réellement au petit trot cette première partie de la saison 4, à
l’exception de quelques maigres scènes plus marquantes comme
l’affrontement entre Peter et Sylar ou les adieux entre Peter et
Nathan, qui retiennent l’attention. Le reste ressemble à une petite
musique de chambre, légère mais sans intensité particulière, et
l’épisode se termine en douceur sur un discours de Samuel. Ce final
sans grand relief et le retour de Sylar dans son corps, sans surprise
cependant tant celui-ci est incontournable dans la série, seront-ils
suffisants pour satisfaire les spectateurs et les faire patienter
pendant la longue pause hivernale et le retour de la série en janvier ?
Nathan@Heroes-France
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