Les fantaisies de Dolphen

Le Mariage

Sam 16 Aou 2008 2:24

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Je voudrais vous faire découvrir un sketch que j'ai écris pour le mariage d'une amie. J'espère qu'il vous plaira et qu'il vous fera bien rire.


Le Mariage



Le mariage ! C’est le plus beau jour d’une vie dit-on… enfin… ça dépend pour qui !
Je suis ici pou vous faire découvrir la vérité sur le mariage et vous prouver que ce jour est le pire qui soit pour au moins une personne.
Pour le mari ? Non ! Pour la femme ? Certainement pas. Les parents des mariés ? Que nenni ! Mais alors… pour qui ? La Demoiselle d’Honneur ! Laissez-moi vous conter le calvaire de la demoiselle d’honneur.

Tout commence un soir, lorsque vous (ah oui, pour que vous saisissiez bien la gravité de la tragédie, je vais la raconter à ‘vous’ comme ça, vous la vivrez !)… Donc, disais-je, tout commence un soir, lorsque vous recevez un coup de téléphone de votre meilleure amie (la 1ère, pas la 2nde, hein, ne vous perdez pas en route…). Vous décrochez et l’entendez vous parler d’une voix surexcitée et émue : « Tu es bien assise ? Je vais me marier ! » Vos tympans éclatent mais vous vous réjouissez de son bonheur en attendant anxieusement la suite… eh oui, vous espérez la phrase miracle : « Tu veux bien être ma demoiselle d’honneur et mon témoin ? » Aux anges, vous acceptez, les larmes aux yeux. Jusque-là, votre bonheur est parfait. Mais quelques semaines plus tard, vous sentez que tout ne sera pas aussi beau…

Essayage de la robe de demoiselle d’honneur… Vous aimez les vêtements sobres et espérez que votre meilleure amie s’en sera souvenue… Heu… ben en fait… apparemment, non ! Vous découvrez la robe… THE robe ! Une robe meringue (c’est à dire avec des froufrous d’en haut jusqu’en bas), couleur vert amande amère (vous savez, la couleur qui fait si mal aux dents rien qu’à la voir…) Par amitié, vous passez la robe et vous vous forcez à vous regarder dans la glace sous l’œil attendri de votre meilleure amie. Bon, il faut être honnête… au mieux vous passer pour un sachet de dragée, au pire pour une poupée Barbie nunuche, sans le côté Barbie, juste le côté nunuche…
Vous abandonnez alors vos souhaits de paraître jolie, gracieuse et élégante au mariage et commencez à penser que ce sera une longue… très lonnnngue journée.

Votre amie vous confie alors un écrin contenant l’alliance de son futur mari en vous demandant d’y veiller et de la garder pour elle. Vous accédez à sa demande et, vous sachant maladroite et tête en l’air, vous la mettez dans votre sac chéri, qui vous suit partout. Vous voilà rassurées toutes les deux.

Les jours et les semaines passent jusqu’au jour maudit… pardon béni, du mariage. Vous êtes stressée dès le matin car votre réveil n’a pas sonné… vous enfilez votre robe et, avec horreur, vous constatez que non seulement votre robe est une meringue, mais que vous en avez aussi abusez, des meringues, car la fermeture éclair a du mal à se fermer. Finalement, au prix d’efforts terribles et à la condition de ne respirer qu’une fois sur deux, vous finissez par y arriver ! Pas de mouvements brusques, où vous ferez découvrir à tout le monde les dessous verts à petits cœurs jaunes que vous tenez absolument à garder incognito.

Il est temps d’aller chez le coiffeur. Vous avez réservé des semaines à l’avance, vous avez fait des essais et tout était parfait. C’est donc le cœur léger que vous vous y rendez. Mais à votre arrivée, on vous apprend que votre coiffeuse préférée a la grippe et qu’elle sera remplacée par… son apprenti… Là, tout d’un coup, vous n’êtes plus rassurée du tout. La jeune fille s’approche de vos cheveux et en la regardant de plus près, vous vous demandez si elle n’a pas plus de percings que de printemps…
Après vous avoir dévissé la tête en vous démêlant vos boucles naturelles, elle prend le fer à souder, pardon à friser, et s’attaque à votre crâne, pardon, vos cheveux. Au début, tout va bien. Les boucles se forment, tout est parfait. Vous baissez votre niveau de vigilance et somnolez en l’écoutant papoter musique avec sa collègue… quand tout à coup, vous sentez une douleur. Vous essayez de le signaler lorsque la jeune coiffeuse pousse un « Hannnnnn ! » terrifié, en retirant le fer… et la mèche qu’il tenait. C’est affreux ! Vous voilà avec un trou dans les cheveux. Et pas sur le dessus du crâne (vous auriez pu arguer d’une tonsure précoce…), non, juste devant ! Vous êtes désespérée… Et la jeune fille de vous dire : « Ce n’est pas grave, on va cacher ça avec le voile… » et vous de vous écriez : « Mais c’est pas moi la mariée ! »
Finalement, après trois paquets de mouchoirs vidés, vous voila sortie de chez le coiffeur avec des yeux bouffis, un nez rougi, une robe meringue et, cerise sur le gâteau, un grand bandeau avec un gros chou sur la tête… le rêve culinaire idéal !

Bref, il faut vous rendre à la Mairie qui ne se trouve qu’à 10 minutes en voiture de chez vous. Anxieuse et excitée, vous partez ¾ d’heure à l’avance et vous arrivez… ¼ d’heure après les mariés… « Pourquoi ? » vous demandent-ils, énervés. Une opération escargot… Et ce n’est pas une blague ! C’est à prendre au sens littéral… les producteurs d’escargots de Bourgogne se sont mis à défiler dans les rues, lâchant des milliers de p’tites bestioles et les suivant au pas pour ne pas les écraser…
Aux regards courroucés des futurs mariés, vous comprenez qu’ils ne vous croient pas, vous demandant comment vous avez réussi à passer alors. Vous n’osez pas leur avouer que vous refusez d’y penser, votre cœur se serrant au bruit de schouic-schouic de vos roues…

A cet instant, votre amie se tourne vers vous et vous demande l’alliance. Heureuse et fière d’avoir enfin accompli quelque chose de bien, vous mettez la main à votre sac pour vous saisir de la bague… le magnifique sac… que vous avez enfin déniché ce matin… l’unique sac assorti à la couleur de votre robe… vos pensées s’envolent alors vers votre vieux sac chéri et l’alliance, posés sur la commode de votre chambre… vous êtes anéantie. Vous tachez de faire bonne figure durant le début du discours du Maire, ne reprenant votre souffle que lorsqu’une ami vous rend vos clés et donne l’alliance à la future mariée. Vous soupirez d’aise et un petit craquement vous fait vous souvenir que votre robe et votre dignité ne tiennent qu’à un fil… ou du moins à une respiration.

A la fin de la cérémonie, il y a le moment des bises des témoins aux nouveaux mariés. Alors, vous constatez que le rouge à lèvres « Rose Sublimissime Tenue 18 heures » porte bien son nom. Enfin, presque… vous ne le gardez sur vos lèvres que quelques minutes, mais la marque sur la joue du marié, elle, a tendance à rester jusqu’à la fin de la soirée… un grand moment de solitude…

La soirée se déroule néanmoins sans trop de soucis, sauf que vous faites tapisserie. Vous vous demandez tout de même ce qui a joué contre vous : l’histoire des escargots, l’alliance, la trace de bisou ou le fait qu’en sortant de la Mairie, pour aider la mariée à passer la porte à battant avec sa robe, vous avez donné un grand coup de pied dans la porte, qui s’est rabattue sur le nez de son père…
Vous décidez, après toutes ces émotions, d’aller vous servir au buffet. Et là, vous découvrez avec horreur que sont au menu les responsables de votre retard : les escargots ! Dégoûtée, vous allez vous rasseoir en pestant contre ce complot qui fait de ce jour béni le pire de votre vie.

Néanmoins, un miracle se produit : un jeune homme vient vous inviter à danser. Vous acceptez en vous disant qu’il est soit suicidaire, soit qu’il n’était pas présent à la Mairie. Vous vous élancez sur la piste de danse, toute à votre joie, lorsque soudain… vous perdez l’équilibre car votre talon de 7 cm se désolidarise du reste de votre chaussure… Vous cessez de danser et, le cœur lourd, vous quittez la piste et le jeune homme, en troquant l’allure de cygne dont vous rêviez pour celle d’un canard boiteux. Ecoeurée, vous vous laissez tomber sur votre siège et vous percevez un « crac » énorme… vous avez juste le temps de rattraper les deux bouts de la fermeture éclair de votre robe !
Au comble de la honte, vous voilà partie à travers la salle, à la recherche d’une épingle à nourrice en maintenant les bords de la fermeture serrée l’un contre l’autre et en jouant au dahu puisque vous n’avez pas eu le temps d’ôter vos chaussures… Le pire restant quand même que certains, croyant à une nouvelle danse, se mettent à vous suivre partout en prenant la même allure que vous…
Finalement, une bonne âme vous dépanne pour l’épingle et vous pouvez troquer vos chaussures contre les vieilles baskets qui traînassent dans votre coffre de voiture.

Je vous fais grâce des autres moments savoureux de la soirée, tels que le discours que vous prononcez, sensé être drôle mais qui ne fait rire personne, la danse où vous êtes soit toujours à contre-temps, soit toujours en retard…
Bref… lorsque la soirée est sur le point de se terminer, vous pensez que le pire est derrière vous et que plus rien ne peut vous arriver… Eh bien vous aviez tort !

Vient le fameux moment du lancer de bouquet… Bien entendu, il a lieu à l’extérieur, dans la cour (détrempée, car bien sûr, il a plu toute la soirée). Vous êtes entourée de toutes les célibataires du coin et avez surpris quelques regards annonciateurs de représailles envers celle qui leur piquerait le bouquet…
Ah… le lancer et le rattrapage de bouquet… le sport officiel de tous les mariages… on s’entraîne durant des mois à lever les bras au ciel pour ce moment où l’on s’élance dans les airs en essayant de rattraper ce truc avant les autres et, surtout, de retomber sur ses pieds…
Pour vous, la question ne s’est pas posée… le bouquet a été envoyé, vous avez avancé et glissé avec vos vieilles chaussures, tombant les fesses les premières dans la flaque de boue juste derrière vous, vous éclaboussant toute entière ainsi que la plupart des filles autour de vous… vos yeux, cependant, n’ont pas quitté le bouquet, qui, ayant pris de la vitesse, s’écrase sur votre tête, vous assommant à moitié… et étant récupéré par votre pire rivale qui, en l’arrachant violemment, entraîne par là-même votre bandeau à chou, révélant votre absence de cheveux…

Là, le derrière dans l’eau, l’âme meurtrie, vous vous dites que la vie est vraiment trop injuste et que c’est le dernier mariage auquel vous assisterez. Vous êtes sûre que la terre, le ciel, les éléments et les petits zosiaux se sont ligués contre vous !
Mais vient alors la mariée, radieuse, qui vous remercie d’avoir été là pour elle et qui vous dit, avec un soupir : « Quelle merveilleuse journée, n’est-ce pas ? » Que dire à part acquiescer…

Finalement, vous rentrez chez vous, la robe plus marron que verte, les pieds en feu, les cheveux en bataille… et vous vous jetez sur le canapé, entendant le « crac » libérateur qui scelle le dernier soupir de votre robe et vous rend par là-même le souffle. Heureuse dans votre havre de paix, vous entendez la sonnerie du téléphone. Vous décrochez, c’est votre amie numéro 2 (pas la 1ère, on vient de la caser) et là, d’une voix émue et excitée, elle vous dit : « Tu es bien assise ? Je vais me marier ! »

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